Les intimistes
Everything but the girl
2015 · Paris, France
Je me souviens de ce matin à Paris, dans une chambre percée par un soleil luisant et chaud, où elle émergeait, s’étirant avec une grâce féline dans le lit défait. Dans son t-shirt baigné de lumière, chaque rayon de l’astre semblait caresser sa silhouette, comme pour révéler les contours d’un mystère séduisant et insaisissable.
Dans cet instant suspendu, elle s’éveillait à une nouvelle journée, riche des souvenirs d’une veille historique dans un bar lesbien de Paname, où j’ai manqué plusieurs fois l’incident diplomatique. Le temps n’était pas encore, pour elle, une recherche de réponses aux questions que seul son destin pouvait poser.
Le sablier, égrainant chacun de ses atomes avec la régularité d’un métronome, a métamorphosé notre chemin. Nos pas se sont distancés. Elle est devenue un inconnu, une énigme dont les contours se sont estompés et les formes se sont angulées.
Nous suivions la même direction et un jour, elle s’est fondue dans l’horizon, vaporisant avec elle ces souvenirs qui le blessaient.
Au fond de mon cœur, cette période reste gravée, telle une étoile filante invitée dans ma vie, qui m’a traversé et a illuminé ma rétine. Son essence restée là, dans la persistance mémorielle du souvenir. Ainsi va la vie, dans sa complexité déconcertante, semant des souvenirs pour de meilleurs renouveaux. Dans la nébuleuse des années écoulés, dans les ruelles sombres de nos souvenirs, elle demeurera. Impalpable.
La femme était sa chrysalide. En faisant deuil de son passé pour l’exclusif préférence d’une vie épanouie, il s’est réveillé de nouveau, en homme achevé. Je ne réalisait pas qu’il se cachait déjà là, drapé d’arabesques féminines.
J’ai retrouvé mon ami,
À bientôt, P.